« Levez-vous, il y a un camion couché dans votre jardin ! »

Quand les pompiers de Saint-Juéry ont sonné chez eux hier, à 5 heures du matin, Pierre et Danielle Froli n'ont pas été plus étonnés que ça.

« J'ai bien entendu trois gros bruits sourds mais on s'était assoupi », raconte Pierre.

« On a l'habitude d'entendre les poids lourds qui prennent les nids de poule sur l'avenue Jean-Jaurès. ça fait des à-coups mais cette fois, c'était beaucoup plus fort, trois gros booms », confirme Danielle.

Après avoir entendu, ce couple de Saint-Juériens a vu… une scène incroyable.

Un semi-remorque de l'entreprise Denjean Transports, de Toulouse, qui venait réapprovisionner le magasin Champion, venait de se coucher dans leur propriété. Mais avant de s'immobiliser, ce 44 tonnes a effectué une folle embardée. Il était 4 h 50.

Arrivant d'Albi, le semi a percuté le terre-plein central de l'avenue Jean-Jaurès puis traversé les voies de circulation, arraché la ligne téléphonique et défoncé, sur une vingtaine de mètres, la murette du jardin des Froli, emportant aussi une partie de la clôture séparant leur propriété de celle de leur voisine, Mme Farret qui n'a «rien entendu». Sous le choc, l'ensemble routier de 44 tonnes s'est couché sur le flanc droit, éventrant la piscine hors-sol des Froli avant de déraciner un gros cyprès bleu. « C'est sans doute cet arbre qui l'a arrêté, sinon il me labourait tout le jardin », confie Pierre Froli, plutôt philosophe. Cela tient du miracle : le chauffeur, Lionel Bonnevie, 27 ans, originaire d'Esparsac (82), est choqué, mais indemne. « C'est la chose primordiale », souligne Jean-Pierre Faure, directeur du supermarché Champion qui était sur les lieux dès 6 heures.

« Heureusement que le semi s'est couché côté passager. Le chauffeur, retenu par sa ceinture de sécurité, a pu sortir tout seul. Nous l'avons conduit à l'hôpital d'Albi pour des examens de contrôle », indique le major Rémy Caron, chef de groupe Nord au SDIS.

« À 8 heures, mon chauffeur m'a appelé pour qu'on vienne le chercher », confirme son patron Christophe Baby. Si les dommages corporels sont légers, il n'en est pas de même des dégâts matériels. Le Codis 81, qui a mobilisé 19 pompiers et 4 véhicules, a notamment dû récupérer 300 litres de gasoil.

En milieu de matinée, les abords du semi éventré ressemblaient à une ruche. L'entreprise Denjean a envoyé cinq de ses salariés pour récupérer ce qui pouvait l'être. Avec l'aide des pompiers et des employés municipaux de Saint-Juéry, ils ont vidé la remorque, sous l'œil de nombreux badauds. Le transbordement terminé, restait la délicate manœuvre de relevage. « J'ai mobilisé deux grues de 60 et 70 tonnes. ça devrait aller », indiquait vers 10 h 30 Jean-Pierre Cabot, le patron d'AJPDL.

Cet accident a sérieusement perturbé la circulation jusqu'à midi. La police a mis en place une déviation, à partir du rond-point de la Renaudié. Côté Saint-Juéry, la déviation renvoyait la circulation route de Montplaisir, avec la traversée du marché en prime ! Ce fut une jolie pagaille en ville… comme dans le jardin des Froli. source : ladepeche.fr