Michel Auriou a la foi chevillée au corps. Et après bien des turbulences, son épouse et lui sont en passe de donner à leur entreprise de râpes et limes, unique en France, d'encourageantes et même prometteuses perspectives de développement. Les choses n'ont pas été simples pour cette entreprise créée à Chatenay-Malabry en 1856 par un certain M. Duneau. Il faisait des outils pour artistes sculpteurs et ses clients s'appelaient Mayol, Rodin, Paul Belmondo.

À Saint-Juéry, dont les aciéries avaient alors un prestige international, étaient faits les rifloirs, ces outils spécifiques à ce métier. C'est là que Paulin Caussé, le grand-oncle de Michel Auriou, rachète l'entreprise en 1921 et l'installe ici en 1933. Puis son grand-père rachète l'entreprise à son beau-père et l'installe à l'Albaret en 1967 : elle s'y trouve toujours. L'entreprise se constitue d'un réseau de distribution dans les années 80 et élargit sa gamme de produits qui compte aujourd'hui 900 références pour les métiers manuels du bois et de la pierre. Mais au cours des dernières années, les assises de l'entreprise sont trop fragiles avec un personnel vieillissant et quelques déboires avec du personnel formé à grand-peine… et instable. Pourtant, et cette entreprise n'est pas un cas unique : elle pourrait vendre beaucoup plus qu'elle ne produit, elle exporte 90 % de sa production, notamment aux Etats-Unis. En 2017, elle est obligée de déposer le bilan, mais il en faudrait beaucoup plus aux Auriou pour baisser les bras. 4 ouvriers formés, stables, passionnés, permettent de faire remonter le chiffre d'affaires et l'entreprise compte 11 salariés. Alors Michel Auriou et sa femme font le pari de l'appel au financement participatif et ça marche ! Les 40 000 € sollicités sont obtenus avec près de 500 donateurs. Il y a en France et de par le monde des gens attachés au maintien des entreprises patrimoniales. Un bonheur ne venant jamais seul, une entreprise locale apporte un puissant appui technique et industriel. Et il est fort probable que, très prochainement, les murs étroits des 550 m de l'atelier soient remplacés par un vaste bâtiment permettant enfin à l'entreprise d'envisager sereinement son avenir.       source : ladepeche.fr