Lilian Calmejane, successeur depuis 2018 du charismatique Thomas Voeckler comme leader de l'équipe Direct Énergie, a fait le bonheur des nombreux cyclistes amateurs, hier, sur l'esplanade du Séquestre. Avant d'aller taper quelques bornes en peloton avec famille, amis et supporters, le jeune champion de 25 ans a accepté d'évoquer son début de saison, ses nouvelles responsabilités au sein de son équipe et sa préparation d'avant Tour de France.

Déjà deux victoires sur les onze de son équipe en 2018 pour Lilian Calmejane. Un petit break de dix jours à Albi pour se ressourcer avant de se consacrer à la préparation de la Grande Boucle, objectif suprême du nouveau leader de Direct Énergie, équipe cornaquée par Jean-René Bernaudeau.

Après une superbe saison 2017 et notamment deux étapes glanées sur la Vuelta et le Tour, comment jugez-vous votre début de saison ?

Déjà, il y a eu un truc nouveau pour moi à gérer lors de cette transition 2017-2018 avec le changement de statut et mon passage à celui de leader. Après, personnellement, j'ai réussi à gagner deux courses dont Paris-Camembert donc très positif.

Qu'est ce qui a changé ?

J'ai d'abord été très sollicité pendant la trêve. Mentalement, on l'est toujours mais j'ai ressenti une fatigue mentale liée à la nécessité de penser à beaucoup de choses en dehors de l'entraînement et de l'hygiène de vie. Autant de critères à gérer que j'apprends petit à petit.

Avec le départ à la retraite de Thomas Voeckler, comment avez-vous appris votre promotion ? Je l'ai apprise en signant mon contrat (rires). Plus sérieusement, avec l'accumulation de bons résultats sportifs, des victoires importantes, j'ai acquis, avec l'aide de mes coéquipiers, un statut au sein de l'équipe. Dans les briefings de début d'étape ou de course, on prend aussi un rôle important.

Quel genre de leader êtes-vous ? Je suis plutôt un boute-en-train. J'aime aussi bien dire ce que je pense. Après, la situation en course se révèle souvent bien différente de celle envisagée au briefing. Mais dans ces moments clés comme dans le feu de l'action, il faut montrer son caractère, parvenir à fédérer un groupe. Il est crucial de montrer à ses coéquipiers qu'on assume ses responsabilités. Quand tout le monde se met à la planche pour vous, il faut aller au bout de l'effort. Pour l'heure, les gars qui bossent pour moi sont contents car il y a des victoires à se mettre sous la dent.

Aucuns pépins physiques ?

Non. J'ai eu des sensations de fatigue plus rapides que lors de mes deux premières saisons chez les pros. C'est justement pour ça que je viens me ressourcer sur Albi ces dix prochains jours quasiment sans vélo, sauf aujourd'hui (N.D.L.R. : hier)où on va juste tournicoter.

Pour revenir à votre dernière course, Liège-Bastogne-Liège, vous finissez 52e, le prenez-vous comme une contre-performance ? C'est la course d'un jour la plus importante dans l'année. C'était un des objectifs de ma saison. J'arrive dans le groupe entre la 15e et la 50e. J'étais complètement cuit dans le final. Après, on parle là du top niveau mondial, genre championnat du monde. À part s'appeler Julian Alaphilippe et être le plus talentueux du monde, on ne peut pas prétendre arriver dans ce genre de course et à 25ans jouer d'entrée la gagne. Si on prend les 50 premiers de ce Liège-Bastogne-Liège, aucun n'a pas déjà gagné une étape dans un grand tour ou une grande course. Je vais de plus en plus loin à chaque fois dans cette course et je progresse dans la hiérarchie mondiale.

Un mot sur vos coéquipiers ?

On a un très bon Thomas Boudat pour les sprints et Sylvain Chavanel, encore 25e du Tour de France l'an passé, qui demeure une référence en termes d'expérience, de longévité et de forme.

Votre programme avant le Tour ? Là, c'est repos à la maison pendant dix jours. Ensuite, huit jours aux Canaries pour m'habituer à la chaleur. Je serai après au départ du Tour de l'Ain fin mai avec une reconnaissance des étapes alpines. Et en juin, le Tour de Suisse en guise de gros bloc de préparation avant la Grande Boucle.

Comment jugez-vous le parcours ? Il est effarant. Cette année, les étapes de montagne sont vraiment dédiées aux purs grimpeurs. Ce sera un millésime pour les costauds.

Au fait, quelles étapes visez-vous sur ce Tour ?

Mon terrain de prédilection, c'est la moyenne montagne. Les étapes situées pas trop loin d'ici, comme celles qui arrivent à Mende ou Carcassonne, en fin de deuxième et troisième semaine, sont définitivement celles que j'attendrai avec impatience. Après, je ne suis pas tout seul. Avec l'équipe, on veut courir comme on sait faire, avec beaucoup de panache comme à Paris-Nice (deux succès) et si ça sourit en juillet, la victoire n'en sera que plus belle.    source : ladepeche.fr

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