Jeudi, des parents d'élèves et des élus de l'opposition étaient présents devant l'école Marie-Curie de Saint-Juéry. Ils voulaient témoigner de la décision rendue par le défenseur des droits Jacques Toubon contre la mise en place d'une discrimination indirecte pour les enfants inscrits en ULIS (unités localisées pour l'inclusion scolaire) et non résidents de la commune de Saint-Juéry. Avant tout, il faut savoir que les enfants scolarisés en ULIS n'ont pas le choix de l'école dans laquelle ils sont scolarisés.

De plus, il n'existe pas dans toutes les communes des sections ULIS. Cela oblige donc des parents à scolariser leurs enfants ailleurs que dans leur commune. Depuis 2015 à Saint-Juéry, les tarifs de la cantine ont été modifiés. Les enfants ULIS ne justifiant pas d'une domiciliation dans la commune se sont vu appliquer la tarification comme pour les non-résidents, soit 6,50 €. Auparavant, ces enfants étaient considérés comme des Saint-Juériens et se voyaient appliquer la tarification selon le quotient familial. «Je n'ai pas choisi de mettre mon enfant ici. Si c'était le cas, j'aurais payé sans problème», affirme Catherine Christophe dont l'enfant était scolarisé en ULIS en 2015. «Quand j'ai rencontré le maire, il me parlait chiffres, que mon enfant lui coûtait en chauffage et en électricité». Avec Éric Malvy et Sandie Masson, qui ont un enfant actuellement scolarisé en ULIS, ils ont créé un dossier pour le défenseur des droits Jacques Toubon.

«pas équitable

Ce dernier a rendu sa décision le 17 mai et demande à Jean-Paul Raynaud de modifier ce tarif pour cause de discrimination indirecte. Il a deux mois pour agir sur ce dossier. Jean-Paul Raynaud répond à ces accusations par le «principe selon lequel chaque commune assume ses propres élèves». Il assure avoir «mis en place des conventions avec les autres mairies pour qu'elles participent aux frais de cantine de leurs habitants qui scolarisent leurs enfants à Saint-Juéry pour l'ULIS.» Selon lui, les Saint-Juériens n'ont pas à prendre en charge ce surcoût opéré par ces quatre enfants concernés. Interrogé sur la possibilité qu'une municipalité n'accepte pas de faire une convention pour prendre en charge une partie des frais de cantine, le maire a répondu que, dans ce cas-là, Saint-Juéry prendrait en charge le paiement de la différence. «Avec un enfant handicapé, on a déjà beaucoup de choses à charge», assurent les parents. Il leur faut, une fois de plus, faire une démarche pour demander leurs droits. «Si nous sommes obligés de revenir sur notre décision, nous y reviendrons. Il faut que j'en parle avec mon équipe municipale. Mais nous continuerons à penser que ce n'est pas équitable». Le maire a deux mois à compter du 17 mai pour modifier sa décision. Le prochain conseil municipal se déroulera début juin.    source : ladepeche.fr