«Il y a beaucoup de provocations et le maire tourne la population contre nous». Les employés municipaux de Saint-Juéry ont mis leur préavis de grève à exécution hier. Après un début de conseil municipal très houleux (lire ci-dessous) et une rencontre qui n'a rien donné, les municipaux annoncent «plus de 80 % de grévistes» parmi les 80 salariés. Hier, la crèche multi-accueil était fermée et la totalité des 10 Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles ) étaient grévistes.

Une cinquantaine d'agents se sont retrouvés, hier à midi devant la cour de la mairie, pour un barbecue improvisé. L'accès à l'hôtel de ville n'était pas bloqué mais le secrétariat général avait fermé les portes à clef.

Un maire ébranlé

Visiblement ébranlé par la situation, Jean-Paul Raynaud, maire divers gauche de Saint-juéry depuis 2014 et vice-président de la C2A, ne dévie pas de sa volonté de faire passer tous les salariés (hors les Atsem), à 1 607 heures effectives par an, quitte à revenir sur les accords signés en 2002, au moment du passage aux 35 heures.

Là où l'intersyndicale (FO, CGT, Unsa, CFDT et Fédération autonome de la fonction publique), mandatée par les salariés de Saint-Juéry, Albi et la C2A, refuse un changement sans négociation, Jean-Paul Raynaud, comme ses homologues d' Albi et de la C2A, n'accepte de négocier que «sur la façon de passer à ces 1 607 heures». «On est dans un rapport de force ; ils l'ont voulu, pas nous» défend J-P Raynaud, qui dénonce, sur sa page Facebook, «les sauvages surtout ceux qui dégradent»et annonce porter plainte pour un plancher abîmé . «Tant qu'il n'y a pas de dialogue, on reconduit la grève» disaient hier les municipaux. En espérant être rejoints jeudi par leurs collègues de la C2A.

Un conseil municipal suspendu sans avoir commencé

Au conseil municipal lundi soir, les élus ont été devancés d'un bon quart d'heure par une imposante et bruyante délégation intersyndicale (FO, CGT, Unsa, CFDT et Fédération autonome de la fonction publique) d'agents de Saint-Juéry et de la C2A qui, sans heurts, ont envahi la salle du conseil municipal. Ils voulaient protester contre la décision unilatérale des élus, à Saint-Juéry comme à la C2A, de revenir sans négociation sur le temps de travail des agents. Angel Condé s'est fait le porte-parole des 150 manifestants présents. «Les agents de Saint-Juéry ont souhaité vous rencontrer car il y a un certain mal-être. Vous avez ouvert un chantier très rapide, mais notre entrevue n'a duré que 5 minutes, en achoppant sur les 1 607 heures. Vos prédécesseurs avaient laissé une possibilité de souplesse. Quelle est votre volonté ? Nous sommes prêts à discuter des conditions de travail. Nous n'acceptons pas d'ultimatum sur le temps de travail». Réponse du maire : «Il y a des lieux pour ce type de discussions et ce n'est pas le lieu au conseil municipal». Angel Condé : «Il y a d'autres lieux, encore faut-il être entendu». Une autre voix s'est fait entendre depuis les rangs des manifestants : «Je ne comprends pas cette surdité en face de nous. Arriver à l'affrontement, c'est nul ! On peut travailler sur le CHST et sur les programmes de carrière. Une souffrance s'exprime, discutons-en». Blandine Thuel, au nom de son groupe minoritaire, interpelle le maire : «Devant votre refus, pouvez-vous exprimer votre souhait de se retrouver ultérieurement pour discuter ?». J-P Raynaud : «Vous savez très bien que le conseil municipal n'est pas une instance de dialogue». Blandine Thuel décidait alors de se retirer avec son groupe. À 21 h, le secrétaire général de la mairie sortait sous les huées ; un quart d'heure plus tard, le maire suspendait une séance qui n'avait finalement pas commencé. à 22 h 48, Jean-Luc Solinski et Stéphane Bessières, agents municipaux, étaient reçus à l'étage par le maire qui leur a proposé une rencontre au comité technique de mercredi.

Les agents ont maintenu leur préavis de grève, hier, reconductible aujourd'hui.     source : ladepeche.fr

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